De nos pensées à la destinée

Ces sages paroles sont de Ibn Qayyim Al-Jawziyya (1292 – 1350), juriste de Damas :

Fais attention à tes pensées, elles deviennent souvent des paroles,

Fais attention à tes paroles, elles deviennent souvent des actions,

Fais attention à tes actions, elles deviennent souvent des habitudes,

Fais attention à tes habitudes, elles deviennent souvent ton caractère,

Fais attention à ton caractère, il détermine souvent ton destin.

Combien de fois me suis-je dit : « ça ne va pas marcher, de toute façon je suis maudite… » ou « c’est normal que cette merde – supplémentaire – me soit arrivée, j’ai une malédiction, telle une épée de Damoclès, au-dessus de la tête, une poisse qui me colle au corps » ?!!     Si, si je l’assume, la pensée qui m’habite le plus souvent, et chaque jour, est que je suis véritablement maudite. Même si je conçois bien que cette pensée est simpliste à l’extrême et conduit parfois à éviter d’en vouloir aux vrais coupables, je continue d’y croire. Même avec des contre-exemples et preuves à l’appui. Même avec des arguments du style « il y en a des encore plus malheureux que toi ». Rien n’y fait parce que j’y crois.

Certainement que prendre tout ce qui passe à ma portée pour ajouter de l’eau à mon moulin, n’aide pas à l’arrêter de tourner ! Croyant brasser de l’eau, de l’air, qu’importe, c’est surtout du vide que ça génère…

Sauf qu’ainsi, c’est plus facile. Sinon comment (m’)expliquer ? C’est vrai ça, comment donner du sens à quelque chose qui n’en a pas ? A fortiori quand ce n’est pas un évènement isolé mais une répétition infernale d’évènements…

Au quotidien, sans crier gare, nous pensons si souvent « je suis une merde », « je ne mérite pas le bonheur », ou encore « forcément ! ça devait bien tomber sur quelqu’un ! » Etc… Très vite, ce sont l’univers, les autres, qui conspirent à notre malheur… La volonté de comprendre également, pousse à envisager la seule explication qui paraisse cohérente : « c’est de ma faute ». Et au passage, nous endossons une responsabilité qui ne nous incombait pas au départ, puis, nous portons le poids du monde et la souffrance qui va avec.

Surtout évitons de nous blâmer. Cela arrive à tout le monde de se dire qu’on a subi plus de difficultés que la moyenne, de se victimiser et de penser que « décidément, on n’a vraiment pas de chance ». Prenons juste garde. Car à force, on ne se donne même plus la peine d’espérer et de tenter de vivre autre chose.

Jusqu’au jour où on comprend que ce sont ces pensées qui transforment nos fausses croyances en destin.

Perso, il m’est devenu très difficile de m’enlever de la tête que le point de convergence à toutes ces épreuves, c’était moi.  Ma naïveté, ma bêtise même, ou juste ce mauvais sort qu’une fée mal intentionnée m’aurait jeté à la naissance (alias ma « mère », très douée pour m’avoir fait croire que j’étais celle qui attirait les problèmes et qui méritait bien viol et coups comme punition). Comme si j’avais commis une faute originelle, à commencer par naître fille, n’est-ce pas ?!! et qui plus est, pas vraiment « normale ». D’emblée cette faute aurait été sanctionnée par la maltraitance, l’inceste, les violences conjugales, l’hôpital psy et la rue. Et les jours où ça ne va vraiment pas, je pense même, sanctionnée par l’autisme et la surefficience intellectuelle (et oui, ce n’est pas toujours le don glamour ou de supériorité que les complexés ou les médias relaient…). Selon cet angle de lecture de ma vie, je n’allais pas avoir fini de payer de sitôt ! Parce qu’une expiation en entraîne une autre. D’ailleurs, il faut reconnaitre que certains d’entre nous y prennent goût. Car parfois, il y a récompense : d’aucuns peuvent essayer de compatir et chercher à nous sauver. Ce que nous n’arrivons pas toujours à faire par nous-même. Nous qui ? Nous les victimes. Victime un jour, victime toujours ?! Oh que non, je ne crois pas – n’en déplaise à beaucoup -. Sortons donc de notre zone d’actions connues et de parole remâchée !

Même sans pedigree spécialement macabre, nous trouvons tous de « bonnes raisons » de se replier dans l’inconfort confortable de la crainte et de la complainte.

>>> Soyons donc vigilants et prudents à nos pensées automatiques, toutes ces petites phrases qui viennent sans réfléchir et nous sapent le moral. Elles font le travail des termites dans le bois, ces phrases que bien souvent nous avons entendues et qui ne sortent absolument pas de nulle part ! La famille, dans l’enfance, s’est chargée de nous refiler ce qu’elle a elle-même reçu en héritage de conditionnements délétères voire destructeurs. La société, les râleurs comme il y en a beaucoup en France (!!) se chargent de relayer ces petites phrases assassines, qui ont l’air de rien. Elles peuvent devenir peur diffuse ou norme-alitée (parce que ça frappe à te coucher). Elles sembleraient presque inoffensives, mais ATTENTION, seulement en apparence. Parce qu’à force de les entendre, puis de se les répéter, on ne sait plus bien pourquoi, mais un jour, on a peur de sortir se balader seule, on n’ose même plus rêver à des voyages, des accomplissements créatifs ou de nouvelles rencontres. On n’ose même plus s’essayer à vivre et partir en quête de notre épanouissement.

Ces fausses-croyances nous travaillent au corps. Et d’ailleurs elles provoquent souvent des douleurs sournoises (maux de dos, de tête, de ventre), des douleurs qui nous rappellent que quelque chose cloche, et que nous devrions y porter attention. Afin de prendre soin de nous le mieux possible. Essayons donc de ralentir et de nous dire « d’accord je t’entends avoir mal, je t’entends bloquer, m’empêcher aussi, je vois bien que tu essaies de me faire passer un message plus complexe que toutes ces pensées-réflexes qui me minent »… A chaque fois que c’est possible, nous nous devons à nous-même de saisir l’opportunité, la chance même ! de nous libérer.

Nous ne sommes pas nos pensées, ni nos croyances. Heureusement d’ailleurs !! Alors un pas après l’autre, déconstruisons pour rebâtir afin que le passé ne régisse pas nos choix, n’entrave pas notre liberté et ne devienne pas fatalité.

Alors, respirons et essayons de remettre en circulation ce qui coince, demandons-nous : « D’où me vient cet automatisme ? Où ai-je déjà entendu cela ? ». Pleurons si nécessaire. Puis mot après mot, tentons de transformer toutes ces habitudes, ces automatismes de pensée et de langage.

Tant qu’à faire, faisons-le en nous souriant dans le miroir 🙂 Au début, c’est difficile tant ça ressemble à une grimace, mais très vite le cerveau adhère. Il est malléable et friand des messages qu’on lui envoie et dont on le nourrit. Il sera donc content de recevoir un tel stimulus. Aussi, des nouveaux éléments positifs dont vous l’abreuverez. Il nous le rend au centuple, je vous jure que ça marche. Essayons encore et encore !!

Et retenons :

Fais attention à tes pensées, elles deviennent souvent des paroles,

Fais attention à tes paroles, elles deviennent souvent des actions,

Fais attention à tes actions, elles deviennent souvent des habitudes,

Fais attention à tes habitudes, elles deviennent souvent ton caractère,

Fais attention à ton caractère, il détermine souvent ton destin.

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