Journée internationale des droits de l’enfant

En ce 20 Novembre, je dédie cet article à l’enfant que je fus, et qui ressemblait à beaucoup d’autres : à tou.te.s celles/ceux qui ont connu la violence. Violences physique, sexuelle et psychologique. Je dédie donc ces quelques paragraphes à vous toutes et tous, à votre enfant intérieur, à celle/celui que vous avez été et qui mérite bien plus qu’une journée de reconnaissance et de réconfort…

 

Je suis l’aînée. Ma petite soeur K. a deux ans de moins que moi. Nous avons toutes les deux subi les coups, les insultes, les humiliations, les sévices sexuels et perversions en tout genre de nos deux parents et grand-parents. J’étais en première ligne, j’en ai subi 100 fois plus. Mais aujourd’hui je suis en mesure d’en parler. Pas elle.

Un jour, j’ai fait mon arbre généalogique. Avec tout ce que je savais de cette famille recomposée du côté des grands-parents paternels, j’ai écrit et schématisé l’horreur. Je n’ai pas omis d’y mettre les avortements. J’ai pu reconstituer une histoire de l’inceste jusqu’à 4 générations en arrière. Ce que décrit Sophie Chauveau dans La fabrique des pervers est aussi vrai pour ma famille. Ce livre m’a d’ailleurs ouvert les yeux. Je vous le recommande (dans un environnement sécurisant).

 

Je suis encore surprise de constater qu’il faut spécifier de quel milieu on vient quand on parle de ce genre de sujets. Comme si ça ne touchait que les pauvres et/ou les non-éduqués. Et bien non pas du tout. Cela touche toutes les couches de la société. En haut comme en bas, l’horreur se cache dans l’intimité des familles (proche, élargie, amis de la famille, médecin de famille, nounous etc…). Qu’il y ait de l’argent ou pas, c’est le silence qui domine et écrase tout.

Mes deux parents étaient pervers narcissiques. Ce qu’on appelle communément des psychopathes. Certains se rencontrent parfois et leur psychose s’emboitent, elles ne font plus qu’une et leur « folie à deux » (terme psychanalytique) n’en est que plus dévastatrice. Pour eux peut-être, pour leurs enfants, sans aucun doute. Le sujet de la perversion narcissique est souvent abordé sous l’angle du couple ou du travail. C’est très rare qu’il soit question des parents. Peut-être parce que si on parle de PN en famille on parle presqu’à tous les coups d’inceste… Et là tout le monde commence à se terrer, à chuchoter, à avoir peur. Si de rares articles traitent malgré tout de la psychose blanche qu’est la perversion narcissique, ce qui en ressort quasi systématiquement, c’est que le père serait plus destiné à ce genre de pathologie et donc à faire subir des violences à ses femme et enfants. Mais je vous assure que les femmes peuvent l’être tout autant, aussi choquant que cela puisse paraitre : oui une mère peut être perverse, narcissique, manipulatrice et incestueuse. Beaucoup plus que ce que l’on pense. Il est grand temps de l’accepter et de le regarder en face. Ainsi on arrêtera de penser la pédocriminalité qu’au masculin. Elle n’est pas que complice aveugle, passive ou instigatrice, elle est ACTRICE.

Au féminin, on rencontre aussi, le syndrome de Münchausen par procuration. C’est-à-dire une mère qui fait exprès de rendre malade son enfant pour aller se plaindre et chercher/trouver de la reconnaissance auprès des soignants. Pour le cas de ma propre mère, elle-même médecin, le champ était plus que libre pour nous faire prendre n’importe quoi comme médicaments. Ce qu’elle recherchait donc ? Pareil, la reconnaissance et la plainte mais auprès de ses pairs. Très efficace donc pour se renarcissiser, regonfler son orgueil quand elle trouvait le remède miracle ! A la pathologie qu’elle avait elle-même induite. Et ce, en nous faisant prendre des médicaments dont nous n’avions pas besoin à la base, ou qui n’étaient pas appropriés. Merci les effets secondaires. J’ai eu droit aux pathologies psychiatriques (j’étais une menace car je ne savais pas mentir et dénonçais facilement ce qui se passait dans la famille à l’extérieur, parfois sans le savoir d’ailleurs) et aux expérimentations de régimes et médecines parallèles. Ma soeur, elle, a traversé de multiples pathologies physiologiques jusqu’aux opérations chirurgicales très jeune. Inceste paternel aidant, elle a développé bon nombre de maladies auto-immunes, ce qui allait à ravir à notre génitrice, qui pouvait ainsi paraitre comme la sauveuse. Alors qu’elle était celle qui organisait tout dans l’ombre de cet homme violent qui nous servait de père. Il m’aura fallu plus de 30 ans pour comprendre que le chef d’orchestre c’était elle. Celle qui se victimisait le plus était le pire des bourreaux. Mais de l’extérieur, vous auriez cru rencontrer la meilleure des mères. Bien-sûr les PN et autres pédocriminels sont toujours très forts pour paraitre bien sous toutes les coutures et sans reproche. Mais dès lors qu’on gratte un peu c’est le Mal à l’état pur qu’on rencontre. Je ne sais même pas comment c’est possible que je sois encore vivante. Certainement que le Syndrome d’Asperger m’a sauvée. Incrédule, dans ma bulle, j’ai pu être extraordinairement résiliente.

Mais combien de fois ai-je frôlé la mort ? Et combien de souffrances et de déboires aurais-je pu éviter si une des psys à qui j’en parlais m’avait crue…

Ansi cette petite moi a pris beaucoup de claques, coups de poing, coups de pied, des gifles, des remarques assassines directes ou celles vicieuses qu’on met 30 ans à comprendre. J’ai été vidée de mon être, de mon élan vital, de ma personnalité pour être serviable, utilisée. Pour leur servir d’excitant – sexuel mais pas que -, de stimulation, de défouloir. Un vrai punching ball, un sac dans lequel on déversait toutes les frustrations, la colère, la haine, les mensonges. Alors ne parlons même pas de respect. Ni de ce que j’étais comme individu, encore moins comme petite autiste.

Personne ne s’en est rendu compte ? Forcément si. Parce que j’en parlais à mes profs, infirmières de l’école, collège… MAIS PERSONNE N’A RIEN FAIT. PERSONNE NE M’A CRUE.

 

Alors aujourd’hui, je n’ai envie de dire qu’une chose : commençons par nous écouter et nous croire. Nous sommes si nombreux à traverser les enfers… Commençons par dire à notre petit.e « je te crois moi, je sais que tu as souffert et souffre encore, mais je te mets à l’abri. CE N’ETAIT PAS DE TA FAUTE. L’adulte que je suis te met à l’abri, pour de bon ».

Adultes que nous sommes mettons les autres enfants à l’abri. Continuons de nous battre !  ENSEMBLE.

Si vous voulez laisser un commentaire, je vous lirai avec respect et bienveillance. Courage à nous tous.tes !!! Nous sommes forts, nous sommes résilients !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s