A ceux que nous appelions « parents »

Voici le poème que j’ai laissé, le jour où j’ai osé, sur le site La génération qui parle,  un site où vous pouvez lire des témoignages grâce à Anne Lucie.

 

Vous enterrer encore vivants

Etouffer l’amour d’enfant

Que nous vous portions pourtant

Jusqu’au bord du tranchant

Des abîmes qui nous séparent

Et qu’aucun pardon ne répare.

 

On nous dit « laissez faire le temps,

Laissez grandir Compassion », mais sont-ils pénitents ?

« Laissez gagner la paix, laissez partir la douleur »,

Mais qu’en savez-vous des enfers, de la torture et de la peur ?

« Laissez faire toutes les plaies cicatrisent un jour »

Et n’aurions pas tout surmonté pour ?

 

S’accrocher, arracher un à un ses ongles dans la chair de sa chair cependant

Pour ne pas oublier, qu’enfants nous étions, et vous parents.

Et cesser d’expier

Vol de notre intégrité, viol de notre intimité,

Et enfin être libérées par cette simple vérité.

 

Vérité qui vous effraie, bombe à retardement qui brisera le silence

Vérité qui fait de vous les vrais coupables de la destruction de nos vies et de notre innocence.

Vérité, pour l’étouffer, c’est nous que vous avez séparées et étranglées…Pour vous protéger.

C’est ma petite sœur et moi que vous avez meurtries pendant tant d’années,

C’est ma petite sœur et ma petite moi que vous avez assassinées.

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